Temples, la suite – Jour 17

Aujourd’hui, nous prenons un départ un peu plus tard que d’habitude, car nous avons réservé une excursion qui se clôturera par une ascension en montagne, offrant ainsi une vue panoramique exceptionnelle sur la région environnante au moment du coucher du soleil.

Cela s’annonce comme une journée bien remplie, puisque le programme prévoit la visite de cinq lieux différents.

Nous entamons notre exploration par la découverte du temple Banteay Kdei, également connu sous le nom de « la citadelle des cellules monastiques ». Ce site, d’inspiration bouddhique, fut érigé par Jayavarman VII vers 1185. Chaque temple que nous visitons présente une porte d’entrée majestueuse, encadrée par une longue muraille qui ajoute une dimension impressionnante à l’ensemble architectural.

Banteay Kdei se distingue par l’encadrement du bâtiment central, où subsistent encore quatre murs d’enceinte ornés de portes présentant les visages de quatre incarnations distinctes du Bouddha. Une terrasse cruciforme, qui traverse les douves du côté ouest, est flanquée de lions gardiens et entourée de «Nâgas balustrades» arborant la présence majestueuse des Garudas.

À l’intérieur du temple, on découvre une salle de danse où autrefois des danseuses célestes divertissaient les dieux. De plus, des «bibliothèques» étaient présentes, dont l’une remarquablement située à droite de la voie d’accès, à l’intérieur de l’enceinte. Chacun de ces éléments contribue à la richesse de cette expérience, révélant la profondeur historique et culturelle de ce site architectural exceptionnel.


Notre deuxième arrêt était quelques kilomètres plus loin, au temple Prè Rup…..

Prè Rup, un temple indien, a été construit vers 961 sous le règne de Rajendravarman II au sud du baray oriental. Il était dédié à Shiva, avec le lingam personnel du roi, Rājendreśvara, vénéré en son sein.

Le mur d’enceinte, érigé en latérite, présente des éléments d’ouvertures en grès finement décorés. Les murs en briques, élevés, sont ornés de sculptures, recouvertes d’enduit, comme en témoignent les trous percés dans la brique pour faciliter l’adhérence. Les enduits de stuc, eux-mêmes sculptés, ajoutent une dimension artistique à l’ensemble. Les tours en briques se dressent au sommet d’une terrasse à cinq degrés très escarpés.

Le nom «Prè Rup» est associé à un rite funéraire éponyme impliquant les cendres du défunt, signifiant «changer la forme» en khmer. On pense que le bassin rectangulaire en grès au bas de l’escalier principal aurait servi à ces crémations. Cependant, une interprétation plus probable lie le nom à une évolution du terme sanskrit Viśvarūpa, signifiant «ayant diverses formes», qui est à la fois une épithète de Vishnou et le nom d’un brahmane, ancêtre éloigné de Rajendravarman II.

Arrêt rapide pour la bouffe dans un resto qui sert des plats Khmer :


Puis, nous repartons vers notre troisième site, le temple Ta Som dont on aperçoit la porte d’entrée ci-bas :

Le Ta Som, un temple bouddhiste de dimensions modestes, occupe l’extrémité Est du complexe et a été érigé par Jayavarman VII à la fin du XIIe siècle. Il suit le style du Bayon que nous avons visité précédemment, présentant deux enceintes entourant le temple lui-même.

L’enceinte extérieure, constituée d’un simple mur en latérite, est flanquée de deux gopura à l’est et à l’ouest, surmontés de tours à quatre visages caractéristiques. En revanche, l’enceinte intérieure, précédée par une douve et accessible par deux terrasses cruciformes ornées de nāgas, se présente comme une galerie en latérite et grès. Cette disposition architecturale complexe offre un aperçu captivant du talent artistique et de la vision créative de l’époque de Jayavarman VII.

Après une brève exploration, nous traversons la rue principale pour accéder à un vaste réservoir. Celui-ci abrite une île centrale, appelée Reach Veal Dak, Jayatataka, où des statues imposantes ont été érigées au centre. L’île au milieu du réservoir offre un cadre impressionnant, accentuant la majesté des statues qui s’y dressent.

Le pont-sentier se révèle impressionnant, remarquablement construit et d’une longueur notable. Pendant la traversée, j’ai réalisé que j’avais oublié ma casquette, et la chaleur était vraiment intense à découvert.


Notre avant-dernière étape nous conduisit au temple Preah Khan. Ci-dessous, nous franchissons le pont pour accéder au temple.

Le Preah Khan, également connu sous le nom d’« épée sacrée », se présente comme un complexe monastique bouddhiste baptisé Jayaçri, signifiant « victoire glorieuse », en commémoration du triomphe de Jayavarman VII sur les Chams lors de sa construction en 1191.

Ce lieu a joué le rôle de cité temporaire pendant la construction d’Angkor Thom, et le monastère a été achevé après l’installation de Jayavarman VII dans son nouveau palais en 1190.

Le temple est érigé en l’honneur de Dharanindra Varman II, le père du roi bâtisseur, représenté de manière idéalisée sous la forme du Bodhisattva Avalokiteśvara. Cette dédicace confère au Preah Khan une signification profonde, mettant en lumière la vénération filiale et la glorification de la victoire à travers son architecture et sa structure sacrée.

Au fil des années, la végétation a envahi le lieu, ajoutant une dimension supplémentaire à son atmosphère, évoquant le passage du temps et la symbiose entre la nature et le sacré.

En cette fin de journée, la lumière devenait plus douce à l’intérieur de ce lieu sacré, créant une atmosphère avec laquelle l’on aurait dit que les esprits eux-mêmes étaient présents.

À la sortie du temple, comme c’était le cas à plusieurs autres endroits que nous avons visités, des artistes espéraient recevoir quelques riels en récompense pour la douce musique locale qu’ils jouaient.


Après la visite de ces quatre temples, nous nous trouvions désormais devant ce qui pouvait être considéré comme la pièce maîtresse de notre journée. Notre objectif était clair : gravir une colline qui, à nos yeux, semblait plus imposante qu’une simple élévation, dans le but d’admirer le coucher de soleil depuis son sommet.

Au-dessus de cette colline (Phnom), avait été construit un temple nommé Phnom Bakeng, érigé vers 900, est le premier temple construit sur le site d’Angkor proprement dit.

Son nom, qui signifie «colline de Shiva», et ce temple était dédié simultanément à Shiva et au roi-dieu. Il représente le prototype des temples-montagne khmers, prenant la forme d’une pyramide à cinq étages ornée de 109 tours, dont cinq de taille imposante symbolisant le mont Meru. Ce mont est considéré comme le lieu de résidence d’Indra, le roi des dieux, ainsi que des quatre sommets environnants. L’architecture du Phnom Bakheng illustre ainsi la riche symbolique religieuse et cosmologique intégrée dans les temples khmers.

J’ai réussi à capturer en agrandissement cette photographie du premier temple que nous avons exploré il y a deux jours, le majestueux Angkor Wat.

L’oiseau, ou plutôt l’ange, de Suzanne !

À mesure que le soleil descendait vers l’horizon, la foule se pressait davantage du côté ouest pour capter le moment parfait…

Juste avant de descendre, Suzanne a capturé un instant du soleil qui disparaissait rapidement à l’horizon, créant ainsi ce souvenir éphémère de la splendeur du crépuscule.

Ce fut une journée intense pour nous, marquée par environ 15,000 à 16,000 pas de marche et la conquête de plusieurs étages en dénivelé, comme en témoignent nos montres intelligentes et nos membres fatigués.

Demain, nous prévoyons une nouvelle journée de repos bien mérité…