Au lever du jour, la vue depuis notre chambre au 21ᵉ étage nous offre un magnifique panorama brumeux de la ville de Hué. Dans quelques heures, nous nous joindrons à un groupe de six autres aventuriers. Le minibus passera nous prendre à 08 h.

Notre première étape nous a conduits à la marina, où nous sommes embarqués à bord d’un bateau en forme de dragon pour rejoindre notre premier site. Quelle déception fut cette petite croisière sur la rivière des Parfums :-), une autre arnaque touristique.

La propriétaire du bateau venait régulièrement nous proposer des babioles, des breloques et des cossins en plastique. Cela nous a bien amusés.

Fort heureusement, nous avions réservé la première classe…

Arrivés à la Pagode de Thien Mu, nous avons été impressionnés par la beauté du site.

La Pagode de la Dame céleste détient le titre de la plus haute pagode du Viêt Nam, arborant les six étages supérieurs de sa tour, appelée « Source de Félicité », la jouissance parfaite…

De nombreux couples et groupes choisissent cet endroit pour réaliser des autoportraits, peut-être dans l’espoir de tirer des bénéfices de l’endroit.

D’après la légende, une vieille dame se manifesta un jour en ces lieux et prophétisa que celui qui érigerait une pagode sur cette colline fonderait une grande dynastie. Une première pagode fut donc édifiée en 1601, puis étendue et rénovée en 1665 sous le règne de Nguyễn Phúc Tần.

Plusieurs moines résident en permanence sur le site.

L’automobile du moine Thích Quảng Đức.

Le 11 juin 1963, le moine Thích Quảng Đức a entrepris une manifestation pour protester contre la répression anti-bouddhiste menée par le président catholique du Sud-Vietnam. Il s’est rendu en ville où un fidèle l’a aspergé d’essence avant qu’il ne s’embrase, devenant ainsi une torche humaine.

Cet événement est devenu mémorable grâce à l’immortalisation par le photographe Malcolm Browne. Sur cette image, le moine apparaît imperturbable, et l’on raconte que son cœur est demeuré intact.


Le site offre en endroit paisible pour les moines…



Après un bref trajet en minibus, notre étape suivante nous conduisit à la Cité Impériale.

En 1993, le site a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il englobe principalement la majestueuse Citadelle, à l’intérieur de laquelle se trouve la cité impériale, et au cœur de cette dernière, la mystérieuse Cité pourpre interdite. En outre, on y trouve quelques autres édifices en ville ou à proximité immédiate, tous étroitement liés à la grandeur de la Cité impériale.






Cette fois encore, le lieu présentait de fortes similitudes avec notre visite à Pékin dans la cité interdite.

N’oublis pas de fermer la porte en sortant !



J’espère que le Théâtre Royal avait opté pour un système audio 5.1. La royauté du 19ᵉ siècle menaient une vie opulente.



La porte de sortie du site. Historiquement, la porte centrale était réservée au roi.

Nous avons été conduits au marché Dong Ba de la ville pour faire des emplettes. Bien sûr, Suzanne a saisi l’occasion pour marchander pendant 30 minutes avec les vendeurs.

Comme une palette de couleurs étalée sur tous les marchés que nous avons parcourus, les tissus évoluent du jaune à l’écarlate, créant une toile vibrante d’éclat. J’ai pris place en attendant Suzanne et me suis simplement perdu dans la contemplation de ce décor.

Avant de continuer notre excursion, notre guide nous annonce que nous nous rendrons à un restaurant. Le conducteur semblait emprunter des chemins de campagne de plus en plus chaotiques les uns que les autres. Il y avait un Australien dans notre groupe, et son sens de la répartie rivalisait bien avec le mien. Nous avons donc partagé un bon moment de rire.

Cependant, une fois attablés, nous avons été agréablement surpris par l’un des meilleurs repas que nous avions eus. Chaque plat était confectionné à partir de fruits et légumes cultivés sur la ferme, et la cuisinière (photo ci-dessus) paraissait ravie de notre appréciation positive.

L’homme de la place, impeccable dans sa posture et extrêmement poli et amical.

Notre prochain arrêt fut au site du Mausolée de l’empereur Minh Mạng.

Le site constitue un ensemble architectural comprenant 40 monuments disposés de manière symétrique le long d’un axe s’étendant de la Porte Dai Hong jusqu’au pied du mur d’enceinte La Thanh, situé derrière le tombeau royal.
Notre guide, comme tous les autres guides de cette journée de voyage, a modifié son nom pour simplifier les choses. Nous l’appelons donc Fee (Fi, en français).

Elle nous amusait avec ses insinuations concernant la vie du deuxième roi. Apparemment, il aurait eu plusieurs femmes et des centaines d’enfants. Selon elle, ces femmes étaient toutes des volontaires (mon œil…) pour rejoindre les rangs des concubines, mais elles ne pouvaient plus jamais se marier si le roi décédait.






Nous remontons à bord du minibus pour un autre trajet d’environ 30 minutes afin de nous rendre au mausolée du roi Khai Dinh. Ce monarque a régné de 1916 à 1925.

Il était presque 16 heures, et la lumière devenait plus clémente pour nos photos. Il semble que Fi avait orchestré la visite de manière à réserver le meilleur pour la fin…

L’expression faciale forcée de Fi était particulière lorsqu’elle évoquait un événement passé, on se croyait quasiment dans un film de Tarantino…

Le palais Khai Thanh, situé au troisième niveau, exhibe des façades richement décorées à outrance. L’intérieur doré, les incrustations de porcelaine, les miroirs et les dragons qui ornent le plafond ferait surement l’envie des cardinaux du Vatican.



‘Bonjour, Suzanne, du compté de Delson, et vous ?’


Un dragon doté de dents de cheval… le sculpteur avait évidemment négligé de consulter le devis.

Il était prévu de faire une brève halte dans une manufacture d’encens avant de rentrer. Après avoir encouragé les propriétaires, nous sommes finalement retournés à notre hôtel, fatigués, mais heureux, clôturant ainsi une excursion de plus de 10 heures.
Pour le souper, nous avons trouvé un restaurant qui propose de la pizza. Malheureusement, il y avait une fête d’enfants. En général, les Vietnamiens sont bruyants et parlent très fort. Ce soir-là, j’ai réalisé qu’ils transmettent de façon efficace cette qualité à leurs enfants. Fatigués de la journée, nous sommes restés au restaurant malgré le vacarme.
L’image n’a pas d’importance, le son suffit à comprendre notre état d’âme…
De retour dans la chambre, exténué, j’ai capturé cette image de la ville.

Demain, c’est dimanche. Nous observerons donc le repos sacré du septième jour, mettant ainsi un terme à notre accomplissement de la journée…

